Chapter One — The Ice Crystal on K-7

Je vais vous parler d'un enfant que j'ai rencontré une seule fois, dans une capsule de sauvetage qui dérivait entre deux bras de galaxie comme une graine oubliée par son arbre. La capsule sentait le métal froid et quelque chose que je n'ai pas su nommer tout de suite — peut-être la poussière des endroits où le temps s'était arrêté. Il était assis en face de moi, très droit, les mains posées à plat sur ses genoux comme s'il tenait une question précieuse entre ses paumes. Je lui ai demandé d'où il venait. Il m'a dit K-7. Puis il a regardé par le hublot et il a ajouté, avec une gravité absolument sérieuse : Mon cristal m'attend.

Je ne savais pas encore de quel cristal il parlait. Mais j'allais apprendre.

K-7 n'est pas une planète. Je tiens à préciser cela d'emblée, parce que le mot planète suggère quelque chose de généreux — une atmosphère, des océans, peut-être des villes où s'allument des fenêtres le soir. K-7 est un astéroïde, une pierre grise de la taille d'une petite ville de province, qui tourne lentement autour d'une étoile qui n'existe plus tout à fait. On pourrait en faire le tour en deux heures de marche, moins si l'on ne s'arrête pas pour regarder les étoiles. Élian s'arrêtait toujours.

Chaque matin — il appelait cela le matin, parce qu'il en avait besoin, parce que sans matin il n'y a plus de durée — Élian sortait de sa petite maison de basalte avec un chiffon de lin blanc et il s'agenouillait devant son cristal de glace.

Le cristal avait la hauteur de son épaule. Il poussait, ou plutôt il demeurait, dans une anfractuosité du sol rocheux, une fissure que le gel des profondeurs avait offerte à la surface depuis des siècles. Il était translucide et légèrement bleuté, le bleu particulier des choses qui ont pris du temps à devenir ce qu'elles sont. Quand la lumière d'une étoile le traversait en biais, il projetait sur le basalte des taches qui ressemblaient à de l'eau courante, et Élian restait quelquefois longtemps assis à les regarder bouger, parce qu'il n'y avait pas d'eau sur K-7 et que ces reflets étaient sa rivière.

Il essuyait la surface du cristal avec le chiffon. Pas parce qu'il était sale — le vide de l'espace est d'une propreté méthodique — mais parce que c'était le geste qu'il avait appris à faire, et parce que dans ce geste il mettait toute son attention, ce qui est une forme d'amour que les adultes ont souvent du mal à reconnaître.

Ce matin-là — et c'est de ce matin-là que commence ce que j'ai à raconter — Élian s'aperçut que quelque chose avait changé dans la qualité de la lumière.

Il le sentit avant de le voir. Le cristal était plus sombre que d'habitude, ou plutôt moins vif, comme si quelqu'un avait placé un voile très fin entre le ciel et K-7. Il leva les yeux.

L'étoile qui se trouvait à quarante-deux degrés au-dessus de l'horizon nord-ouest — il connaissait chacune de ses étoiles par sa position exacte, non par son nom, les noms étant une invention des adultes — avait perdu de son éclat. Ce n'était pas comme un nuage. Les nuages changent, se déplacent, laissent passer la lumière par intermittence. Là, c'était autre chose. L'étoile semblait simplement moins décidée à briller. Comme quelqu'un qui ne hausse plus la voix dans une conversation.

Élian posa sa main à plat sur le cristal. Le froid traversa sa paume.

Ce n'était pas la première fois. Depuis quelques semaines — ce qu'il appelait des semaines, le temps ayant sur K-7 une façon de s'étirer ou de se comprimer selon les saisons de son attention — il avait noté dans un petit carnet à couverture grise la disparition progressive de plusieurs étoiles. Pas une extinction soudaine, rien de dramatique. Juste ce retrait progressif, cette discrétion étrange, comme si les étoiles apprenaient à partir sans déranger personne.

Il avait sept disparitions dans son carnet. Maintenant il en aurait huit.

Il sortit le carnet de la poche de sa veste — une veste sombre, trop grande pour lui, qu'il avait trouvée dans la petite maison quand il était arrivé et qui lui avait semblé, dès le premier jour, avoir été laissée là pour lui — et il traça un petit cercle barré d'une croix. Le symbole qu'il utilisait pour les choses qui n'étaient plus là.

Puis il referma le carnet et resta immobile, la main toujours posée sur le cristal.

Le vent stellaire n'est pas un vent comme les autres. Il ne soulève pas de poussière, ne coiffe pas les herbes, ne vous fait pas fermer les yeux en arrivant dans la figure. C'est un flux de particules que l'on perçoit, si l'on est très attentif, comme une légère pression derrière les tempes — une sensation que la plupart des adultes ont appris à ignorer parce qu'elle interfère avec les calculs. Élian, lui, l'avait toujours écouté.

Ce jour-là, dans le vent stellaire, quelque chose passa.

Ce n'était pas un message articulé. Pas de mots, pas de fréquence radio, pas de signal codé. C'était plus comme une rumeur que l'on attrape au bord du sommeil — une certitude diffuse, un peu têtue, qui s'installe avant que l'on ait pensé à la vérifier. Quelqu'un, quelque part parmi les planètes qui tournaient encore autour des étoiles qui brûlaient encore, savait quelque chose. Savait comment faire tenir la lumière. Savait peut-être comment la ramener là où elle s'était retirée.

Élian ne se demanda pas si c'était vrai. C'est l'avantage des enfants sérieux : ils ne confondent pas le doute avec la prudence.

Il rentra dans la petite maison, prit son sac — qui était peu de choses, un carnet, le chiffon de lin, une gourde en cuivre bosselée, la question — et il ressortit.

Il s'agenouilla une dernière fois devant le cristal.

Le cristal ne disait rien, bien entendu. Il était translucide et bleuté et froid et patient, avec ce bleu des choses qui ont pris du temps, et la lumière des étoiles encore vivantes le traversait de biais pour projeter sa rivière silencieuse sur le basalte. Élian posa les deux mains dessus, très doucement, comme on pose les mains sur les épaules de quelqu'un avant de lui promettre quelque chose que l'on ne sait pas encore comment tenir.

Il dit : Je reviens.

Il n'ajouta rien. Les promesses que l'on explique perdent quelque chose d'essentiel.

Sa navette était petite et légèrement bancale, avec un hublot en forme d'œil et une console dont deux boutons sur cinq fonctionnaient à pleine capacité. Il avait appris à compenser. L'espace, pour Élian, n'était pas un danger — c'était un voisinage un peu trop vaste, dont les habitants étaient dispersés et parfois difficiles à atteindre, mais un voisinage quand même.

Il entra dans la navette. La porte se ferma dans un soupir pneumatique. Par le hublot en forme d'œil, il pouvait voir K-7 qui rapetissait déjà, le cristal trop petit pour être visible, mais il savait exactement où il était : en haut, à gauche du chemin qui descend vers la fissure nord, bleu comme l'intérieur d'une question.

Il y avait huit cercles barrés de croix dans son carnet.

Il ouvrit les gaz et K-7 devint une pierre dans le noir.

Dans la capsule qui dérivait entre deux galaxies, il y avait eu un long silence après qu'il m'eut dit que son cristal l'attendait. J'avais regardé ses mains sur ses genoux, très immobiles, et j'avais compris qu'il ne parlait pas de la façon dont on parle d'un objet. Il parlait de la façon dont on parle d'une présence.

Je lui avais demandé : Tu as peur qu'il disparaisse lui aussi ?

Il avait réfléchi à cela avec tout le sérieux du monde. Puis il avait dit : Non. Mais j'ai peur d'oublier de rentrer à temps pour lui montrer ce que j'ai trouvé.

C'est à ce moment-là que j'ai compris que ce petit prince ne cherchait pas seulement à sauver la lumière des étoiles mortes. Il cherchait à revenir. Et qu'entre ces deux voyages — l'un vers le dehors, l'autre vers le dedans — il y avait peut-être moins de distance qu'il ne le pensait.

Derrière le hublot de la capsule, une étoile s'éteignit.

Ni lui ni moi ne la nommons. Nous gardons les noms pour les choses qui restent.

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Chapter One — The Ice Crystal on K-7 — Le Petit Prince des Étoiles Mourantes | GenNovel